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Un peu d’imagination …

Après avoir discuté avec certaines personnes tentées par le vote Front national, je me suis rendu compte, que plus que de longs discours, il est plus utile de présenter les choses plus concrètement.

Alors, un peu d’imagination :

1) Si la France se retirait de l’Euro.

Et bien les choses seraient bien simples. Avec le retour au franc, les prix augmenteront naturellement. Prenons un exemple simple et symbolique : la baguette, qui en 2007 avait un prix moyen de 0,85€. Cela équivaut à environ à 5,57F (on est loin de la baguette à 1F je vous l’accorde).

Conséquence, lorsque le prix sera ramené en francs, il sera arrondi, car c’est pas simple 5,57 pour encaisser. On passera donc à 6F, c’est bien plus pratique (bah oui on arrondi pas par le bas).

Rien que ce passage au franc aura une fois de plus conduit à une augmentation du coût de la vie. Mais comme la valeur du franc devra être dévaluée (Mme Le Pen le dit elle même), et bien ce prix augmentera encore plus. En effet, puisque une pièce d’un franc ne vaudra plus que, par exemple, 0,70F, et bien notre baguette à 6F, coutera environ 7,80F.

Je vous rappelle que Mme Le Pen nous explique rendre la vie moins chère de cette manière !!

Il est donc évident que la dévaluation entraîne une inflation, c’est mathématique, et vu et revu dans l’histoire. Souvenez vous de cette image d’Allemands devant venir avec une brouette de Marks pour aller à l’épicerie, parce que la monnaie fut dévaluée.

2) Si la France quittait Schengen, et l’Union Européenne.

Dans ce cas, cela signifie que l’on réinstaure des frontières, et donc des frais de douanes à nos frontières pour les pays de l’UE et de Schengen. Cela veut donc dire que les produits achetés à l’étranger (en Allemagne, en Italie, en Espagne, ou en Islande) coûteront plus cher, puisque subiront des frais de douane, alors que ce n’est pas le cas à l’heure actuelle.

Alors, on me dira, ça re-favorisera les produits français. Pour certains oui, mais la différence de prix est suffisante pour les produits étrangers dans la plupart des cas pour rester moins cher que les notre malgré tout. Résultat, ces produits couteront plus cher aux consommateurs.

Et pour les entreprises ?

Et bien imaginé les entreprises multinationales, ou transnationales qui ont des activités en France dans cette situation. Ces entreprises emploient la majorité des travailleurs (15 millions dans les pays fondateurs de la CEE).

Or ces sociétés ont pour la plupart leurs sièges aux USA, dans d’autres pays européens, au Japon, ou en Asie de l’Est et du Sud-Est. Mais elles emploient en France. Si ces sociétés voient que désormais les produits quelles envoient chez nous pour les assembler et nous les vendre sont taxés aux douanes, ils hésiteront à continuer.

Et puis, Mme Le Pen explique un peu partout qu’il faut taxer ces entreprises. Alors, voyant leurs dépenses augmenter en France, alors qu’en Allemagne la situation reste celle de l’UE, ils fermeront leurs sociétés, et délocaliseront.

Résultat ? Licenciements, et chômage.

En voici un beau programme pour la France non ?

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Pourquoi le FN se trompe en prônant la sortie de l’Euro

A nos concitoyens attirés par les thèses du Front National, j’ai eu envie ce matin de vous donner quelques éléments de réponses pour vous montrer pourquoi cette idée n’est en aucun cas la solution.

1. Le Front national propose de mener la France à la faillite et les Français à la détresse sociale

Le Front national propose de supprimer l’euro en France, de revenir à une monnaie nationale et de dévaluer celle-ci pour « relancer l’économie ».

Changer une nouvelle fois de monnaie entraînerait des coûts importants, inutiles et qui ne sont pas prioritaires dans la situation actuelle.
Pire, pour la première fois de son histoire, la France pourrait se trouver en faillite. Dévaluer la monnaie de 20 à 30%, ce serait faire bondir la dette publique de la France de 20 à 30% et augmenter les taux d’intérêts de manière radicale. Cela conduirait le pays à un très fort risque de défaut sur sa dette (pour la 1ère fois depuis 1796).
La dévaluation de la monnaie souhaitée par le FN aurait également pour conséquence de renchérir le prix des importations.
La majorité de nos échanges extérieurs se faisant avec la zone euro,
l’existence de la monnaie unique évite des guerres de changes avec nos principaux partenaires qui seraient extrêmement déstabilisatrices pour l’activité économique et l’emploi.
L’existence de l’euro limite également les attaques spéculatives contre notre monnaie et permet donc d’avoir des taux d’intérêt plus bas, ce qui facilite le recours au crédit pour les PME-TPE et réduit le coût de la dette. Une sortie de l’euro s’accompagnerait d’une hausse des taux d’intérêt, donc du poids de la dette (privée comme publique).
Par ailleurs, le FN propose d’engager une guerre des coûts avec nos principaux partenaires, en parlant de « dévaluation compétitive de la monnaie » pour notre seul pays. Or, ce n’est pas en divisant l’Europe face à la Chine ou aux Etats-Unis que l’on pourra s’en sortir. L’Europe a besoin d’une toute autre politique industrielle, d’innovation, de formation et de solidarité.
Loin de permettre des gains de pouvoir d’achat, la « sortie de l’euro » serait catastrophique pour notre économie et pour les Français.

2. Le Front national se trompe de problème et de solution

Le Front national propose de remplacer l’euro par une monnaie nationale et de nationaliser la politique monétaire.

Les responsables du Front national font une erreur économique majeure en attendant de cette disparition de l’euro des gains de pouvoir d’achat et des créations d’emplois grâce à la stimulation des exportations.
Le FN amalgame en fait l’existence de l’euro et le contenu des politiques monétaires et économiques menées dans la zone euro. L’existence de la monnaie unique n’est pas forcément synonyme de politique monétaire restrictive.
La Banque centrale européenne a d’ailleurs déjà partiellement réorienté sa politique au cours de la crise : elle a baisé les taux d’intérêt jusqu’à des niveaux très faibles et elle a racheté des titres de la dette des États sur le marché secondaire. Il faut aller beaucoup plus loin pour soutenir la croissance – c’est ce que propose le PS – mais cela n’implique pas de sortir de l’euro.
Les principaux problèmes économiques de l’Europe (faible croissance, taux de chômage élevé, stagnation des salaires, etc.) sont la conséquence de politiques budgétaires restrictives décidées par la droite au pouvoir en Europe. Le récent « pacte de compétitivité », qui devrait s’appeler « pacte d’austérité », en est un exemple. Sur ce point fondamental, le programme du FN est muet. Si l’on se réfère à son programme de 2007, le Front national prône la réduction des dépenses publiques, du périmètre des services publics et du champ de la protection sociale.

3. Le Front national a toujours été un parti très libéral, avec un programme de privatisations et de coupes sombres dans les dépenses publiques

En 2007, M. Le Pen proposait des baisses massives d’impôt pour les plus riches.
On attend les propositions économiques de 2011 : pour l’instant, la seule mesure économique proposée par le Front national serait catastrophique socialement, ruineuse économiquement, irréaliste commercialement.

Retrouvez l’article qui a permis la rédaction de celui-ci, où vous pourrez découvrir les propositions du Parti Socialiste sur ce sujet de la compétitivité.